Il y a copines et copines

Publié le 13 Novembre 2016

A l'heure où j'écris cet article, je suis triste. Je me sens tellement incomprise par mon entourage. En fait, je n'ai pas l'impression d'avoir un "entourage". Peu de gens m'entourent. Ma mère est présente, quand je l'appelle au secours. Ma marraine également. Parmi mes copines, 4 comprennent mieux que les autres. Du moins, elles ont plus d'empathie.

 

Les copines pleines d'empathie

Elles ne me jugent pas. Elles ne croient pas que j'exagère. Elles savent à quel point ma vie d'avant (la vie tout court) me manque. Quand elles me demandent comment je vais, elles veulent vraiment savoir. Je n'ai jamais l'impression de les ennuyer avec ma maladie. Elles me posent des questions sur celle-ci. 

Mais, je les vois peu. L'une d'entre elles habite très loin, je la vois une fois par an. Les autres sont plus proches, mais ont des vies bien remplies. Une est jeune maman et peut donc difficilement se déplacer, les 2 autres croulent sous le travail. Je les fois quelques fois par an. Et alors, j'en profite. Je recharge un peu mes batteries. Elles m'ont surprise par leur attitude si pleine de bienveillance à mon égard. Je ne pensais pas que je comptais autant pour elles. Cela me met du baume au coeur!  

Ce n'est pas à cause de ces copines-là que je suis triste. C'est à cause de mes "vieilles" copines, celles sur qui je pensais pouvoir compter.

Les copines qui sont là, mais pas tout à fait

Sans s'en rendre compte, elles me font souvent du mal. . Je suis partagée... Les voir me fait parfois tellement de bien, je ris, j'oublie mes problèmes, je suis détendue. Elles ont compris que je devais beaucoup me reposer, qu'il y a toujours bien un moment où je dois aller me coucher quand on se voit car je n'en peux plus. Pourtant, j'ai la nette impression qu'aucune ne mesure l'ampleur de mes symptômes ni à quel point ils me handicapent dans la vie quotidienne. . Il m'arrive de lire dans leurs yeux la suspicion: "Tu n'es pas vraiment malade" "C'est pas que tu ne peux pas, c'est que tu ne veux pas". Et ça fait mal!  Elles ne me proposent pas de m'aider. Et, quand je demande de l'aide, une fois sur deux, elles me la refusent. Je comprends qu'elles aient leur vie et ne peuvent pas tout mettre en suspend parce que j'ai des problèmes. Mais, c'est quand elles me refusent de l'aide que je réalise à quel point elles ne me comprennent pas. Je n'aime pas demander de l'aide. Si je le fais, c'est que je suis vraiment à bout et que je n'ai pas d'autre solution. Je lis dans leur refus ce qu'elles pensent vraiment: "Tu exagères, débrouille-toi un peu, ça ne m'arrange pas de faire ça pour toi, tu as le temps."

 

Il y a aussi les copines qui ont disparu, mais, ça, c'est une autre histoire dont je parlerai une prochaine fois ;) 

 

La maladie révèle la vraie nature des gens - la mienne, comme la leur. Je me rends bien compte que je ne suis pas la plus douce des malades, surtout lors des mauvais jours où les douleurs me replient sur moi-même et me coupent de toute interaction. Je me demande ce que j'aurais fait dans leur situation. J'espère que j'aurais appartenu à la première catégorie. 

Il y a des vérités qu'on préférerait ne pas savoir...

Je me doute de ce que vous pensez: rapproche-toi des copines empathiques. Je m'y attelle! C'est tout de même difficile de se rendre compte que celles que je pensais être les plus compréhensives sont en fait celles qui me font du mal. Peut-être est-ce aussi dû au fait que j'en attendais plus d'elles, à cause de notre longue amitié... Alors, je me sens coupable. Coupable de me sentir triste et déçue, alors que je devrais être reconnaissante qu'elles soient encore là.

 

Vos expériences à ce sujet m'intéressent!

 

Il y a copines et copines

Rédigé par Anna

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Mwasi 14/11/2016 21:47

Bonjour. Votre billet me sonne quelque chose de déjà vu...Malheureusement, ce que vous vivez est trop fréquent. Depuis 4 années que je suis en dehors du travail, et j'ai perdu plusieurs amies, ex-collègues plus proches etc. Oui, ça fait mal. Perdre des amies, même si on sait rationnellement que c'est peut être mieux de les laisser tomber, fait mal tout de même. J'ai perdu des amies, mais entre temps j'en ai rencontré d'autres: je ne m'attendais pas à faire de nouvelles connaissances. Et j'ai découvert des personnes aux grands coeurs, qui comprennent vraiment ce qu'est cette maladie, et ce que je vis. Je vous souhaite bonne chance devant ce défi personnel...

Anna 19/11/2016 09:48

Bonjour Mwasi, Merci pour votre soutien. En effet, cette situation est assez fréquente. J'ai déjà lu beaucoup de témoignages de malades SFC faisant le triste constat de cette situation. Depuis le début, j'ai perdu des amis. Ce qui me fait du mal, c'est de me rendre compte que celles sur lesquelles je pensais vraiment compter, celles qui m'ont vu au plus mal (comme ces jours où la douleur est tellement présente que je dois me retenir de ne pas éclater en sanglots au moindre mouvement), celles qui sont le plus au fait de mes déboires avec le monde médical... ne se rendent toujours pas compte que je suis "vraiment" malade. Si j'avais 1000 autres copines, j'aurais moins de difficultés à accepter et à les laisser partir. Mais j'ai très peur de me retrouver encore plus seule que je le suis aujourd'hui.