Vivre dans le mensonge

Publié le 22 Août 2016

Il y a deux semaines, j'ai eu un entretien d'embauche.

J'y suis allée tout sourire, toute pimpante. Je m'étais habillée, coiffée et maquillée en conséquence. Il m'avait fallu bien de l'énergie pour me préparer, mais j'y étais arrivée! La responsable avec qui j'avais rendez-vous m'a saluée et je me suis efforcée d'avoir l'air aussi motivée et professionnelle que possible.

Un entretien d'embauche n'est pas souvent une partie de plaisir, mais, cette fois-ci, j'étais plus anxieuse. J'avais peur. Peur qu'elle découvre mon terrible secret, peur qu'elle comprenne que je suis malade. Peur qu'elle me demande ce que j'avais fait pendant ces 10 derniers mois et qu'elle perçoive que je ne lui disais pas toute la vérité quand je lui affirmais avoir travaillé comme intérimaire (ce que j'ai fait, entre deux périodes d'arrêts maladie). Peur qu'elle me fasse une proposition géniale que je devrai refuser car je ne serais pas physiquement capable de l'assumer. Peur qu'elle me propose de commencer à 8 heures, alors que j'émerge déjà avec tant de difficulté quand ma journée doit commencer à 10 heures.

Alors, j'ai souri. J'ai mis autant de vie que je le pouvais dans mes yeux et dans ma voix. J'ai fait de l'humour, j'ai joué à l'employée parfaite, je l'ai écoutée, j'ai posé des questions... Comme je l'aurais fait pour n'importe quel entretien, avant que je ne tombe malade. Tout ça pour qu'elle ne devine pas.

Une fois la responsable partie, j'ai retiré mon masque et la maladie a repris ses marques. Je suis rentrée chez moi, en espérant avoir été bonne comédienne. Une fois dans le salon, j'ai retiré mes talons, attaché mes cheveux et je me suis effondrée dans le divan où je suis restée bloquée le reste de la journée.

Une semaine plus tard, cette personne me recontactait pour me proposer 2 fois 90 minutes de cours (je suis professeur). J'étais tellement contente! J'avais réussi!

Demain sera mon premier jour. J'irai tout sourire, toute pimpante. Je m'habillerai, me coifferai et me maquillerai en conséquence. Je serai motivée et joyeuse. Pourtant, j'aurai peur. Peur de ne pas tenir le coup, peur de ne pas pouvoir préparer mes cours correctement, peur que mon élève pense que je ne fais pas bien mon travail. Elle ne se dira pas que je suis malade, juste que je suis un mauvais prof. Et c'est peut-être encore plus terrible...

Rédigé par Anna

Publié dans #SFC

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