Publié le 9 Janvier 2017

 

Noël vient de passer et l'atmosphère est plutôt aux économies et au régime, mais je viens de penser à une petite liste de cadeaux que j'ai reçus ou que j'aimerais recevoir et qui, je pense, pourrait plaire à mes compagnons d'infortunes. Peut-être l'un de vos amis PAEM fête bientôt anniversaire? Ou vous avez envie de faire plaisir à un PAEM juste pour le plaisir de lui faire plaisir? Ou vous voulez vous gâter un peu? 

Un plateau

Ma mère m'a offert un plateau afin que je puisse plus facilement manger dans mon lit, les nombreux jours où me mettre à table est impossible. Je l'utilise également pour déposer mon ordinateur quand j'écris ou quand je regarde une série. Il me sert aussi de table pour y déposer quelques affaires (téléphone, tasse de thé, papier et crayon...), ce qui évite à celles-ci de se perdre dans les méandres de mes couvertures. 

Un transat pliable

Quand je vais chez ma mère, la majorité de mon temps "hors de mon lit" est passée dans la cuisine. Il n'y a pas de divan, juste des chaises en bois sur lesquelles je peux rarement être assise plus de 20 minutes. Je m'installe alors dans un petit transat pliable, sous une couverture. Parfois, mon corps me demande de m'allonger et je n'ai pas spécialement envie pour autant de m'isoler dans ma chambre. Ce transat me permet d'être installée confortablement tout en étant entourée. Comme il est très léger, je le prends avec moi quand je vais chez des amis chez qui je ne suis pas sûre de pouvoir me coucher. Cela ne signifie pas que je vais pouvoir discuter avec eux, mais, au moins, je ne suis pas seule et je peux suivre, si j'en suis capable, la conversation. 

Un matelas chauffant

Parce que la chaleur est la seule façon que j'ai trouvée pour calmer un peu mes douleurs. Quand je me rends chez des amis ou de la famille, j'emporte souvent une bouillotte, au cas où une crise de douleur surgirait. Le matelas chauffant, c'est la version géante, luxueuse et confortable de la bouillotte... Je n'en ai pas [encore], mais j'ai découvert il y a peu le plaisir des fauteuils chauffants que possèdent certaines voitures ultra-modernes et je suis tombée amoureuse de la sensation de bien-être que cela m'a apporté! J'ai fait un rapide tour sur internet et notre ami google m'a informée que les matelas chauffants existaient dans toutes les tailles, dans toutes les couleurs et pour tous les budgets! 

Quels cadeaux faire à un malade SFC/EM?Quels cadeaux faire à un malade SFC/EM?Quels cadeaux faire à un malade SFC/EM?

De l'aide 

Parce qu'être malade, c'est être handicapé dans toutes les tâches de la vie quotidienne. Demander de l'aide n'est pas toujours évident, surtout quand on est malade depuis longtemps et qu'on en a déjà demandé beaucoup. Voici une série de petites (et plus grandes) choses qui semblent faciles, mais qui, pour certains malades, sont de vraies épreuves: se déplacer aux RDV médicaux, préparer un repas, passer le balai/la serpillière, laver ses cheveux, téléphoner (hôpitaux, administrations...), écrire des courriers, lire des articles sur les avancées de la recherche et les résumer, faire les courses...

Des magazines ou des nouvelles

Parce qu'à cause du brain fog il n'y a pas grand chose d'autre que j'arrive à lire :) 

Une sortie

Parce qu'il est important de rire, respirer, se sentir entouré...Les PAEM sont souvent alités  ou , du moins, bloqués chez eux. Ils n'ont plus la possibilité de sortir prendre un verre le vendredi soir, d'aller faire une randonnée le dimanche ou d'organiser des bons petits repas entre amis chez eux. Souvent, ils doivent refuser des invitations, car les activités proposées ne sont pas adaptées à leurs capacités. Pourtant, ils veulent continuer à vivre!

Idée de sortie: faire un tour en voiture dans de beaux paysages ou aller boire un verre dans un café "cosy et confortable" à une heure où il n'y a pas trop de bruit, ni de monde.

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                  Des thés hyper parfumés et épicés                   ou autres plaisirs sans sucre/gluten/lactose/graisse

Parce que souvent nous ne digérons pas grand chose... Les thés et tisanes parfumées égaient un peu nos papilles, sans nous donner de maux de ventre. De plus, les boissons chaudes (et la chaleur en général) peuvent soulager, un peu, les douleurs. 

 

Un bon GSM/ordinateur

Bon..là, je vise les gros cadeaux ;) . Alités ou, du moins, enfermés chez soi, nous passons beaucoup de temps sur l'ordinateur, que ce soit pour regarder des séries/films ou pour maintenir un lien social, avec notre entourage ou avec d'autres malades. Les moins atteints cognitivement lisent des articles et font des recherches. Un smartphone ou un ordinateur rapide et facile à manier nous... 

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Et vous? Avez-vous reçu de chouettes cadeaux qui pourraient plaire à d'autres PAEM? Avez-vous d'autres idées/envies? 

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Rédigé par Anna

Publié le 5 Janvier 2017

 

Je vous souhaite à tous une très bonne année 2017.

Que celle-ci soit celle du changement pour les malades invisibles. Que la recherche avance enfin de façon significative, que nous n'ayons plus à lire l'indifférence ou l'impuissance dans le regard des médecins, que l'administration ne nous prenne plus pour des malades imaginaires, que notre entourage nous montre enfin un peu d'empathie et de soutien.

 

Le soir du Nouvel An, j'ai eu la chance de ne pas être seule. Une fois les 12 coups de minuit sonnés, nous sommes sortis. Nous avons marché au bout de la rue, pour trouver un endroit un peu en hauteur et isolé. J'étais en forme! La nouvelle année, comme le jour de mon anniversaire, me donne des ailes! La joie du moment et l'espoir que je mets dans l'avenir sont tels que j'oublie l'histoire de quelques heures les douleurs.

Nous avons allumé deux lanternes chinoises et, lorsqu'elles se sont envolées, nous avons chacun fait un voeu. Sans surprise le mien a été: " Je veux guérir!" . J'ai d'ailleurs demandé aux lanternes d'atteindre rapidement les cieux, afin que mon rêve se réalise au plus vite.

Elles m'ont écoutée et ont filé à toute vitesse dans la nuit, allant se perdre parmi les étoiles. Il a fallu un long moment après qu'elles ont disparus pour que mes yeux (et mon esprit) reviennent enfin sur terre. 

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Rédigé par Anna

Publié le 25 Novembre 2016

Devant faire certaines démarches administratives et ne pouvant y arriver toute seule, du fait de mes troubles cognitifs, j'ai demandé l'aide d'une assistante sociale. Habituée à travailler avec des personnes invalides, elle a gentiment proposé de se rendre chez moi afin que je ne doive pas me déplacer. Elle est venue il y a quelques jours.

Après qu'on a rempli pas mal de documents, Madame AS s'apprête à partir. Elle me regarde profondément et m'affirme. " Ce n'est pas parce qu'on est malade qu'on doit oublier sa vie de femme, Anna".

Je lève les yeux vers elle, sans trop comprendre. "Je souffre aussi d'une maladie chronique. Mais, j'ai toujours désiré être maman. Je n'ai pas voulu abandonner ce rêve, quoi qu'en dise mon entourage. Aujourd'hui, j'ai un petit garçon." Clairement, elle en est très heureuse. Hier, par hasard, je l'ai aperçue dans la rue, alors que j'étais dans le bus. C'était l'heure de la sortie des classes. Elle tenait par la main un bout de chou de 6-7 ans. Ils semblaient si bien ensemble, sereins et si proches. Et ça m'a fait chaud au coeur.

Mon rêve à moi n'est pas de devenir mère, c'est de rencontrer quelqu'un. Mais je n'y crois pas.

"J'ai fait une croix là-dessus..." Je lui réponds.

"Pourquoi?"

"Je ne peux rien faire..." 

"Ne regarde pas ce que tu ne peux plus faire, regarde ce que tu peux encore faire. Il y a des hommes qui ont de l'empathie. Ils ne sont peut-être pas très nombreux, mais ils existent. Tu es toute jeune, toute jolie, intelligente... N'abandonne pas!"

Je souris faiblement. C'est pour moi impossible d'imaginer rencontrer quelqu'un. J'en rêve, mais cela me parait être une utopie. Qui voudrait d'un malade cloîtré chez lui? Je crois que l'amour donne des ailes. Je suis sûre que, si je devais tomber amoureuse, la passion du début prendrait le dessus sur mes symptômes. Mais, pour combien de temps? Quelques heures, jours, semaines? 

Et puis, d'un côté plus pragmatique, le problème est également "comment?". Comment rencontrer quelqu'un alors que les seules personnes que je vois sont mes médecins et quelques copines? Je sors uniquement pour faire mes courses et je prends alors tellement sur moi que je m'enferme dans une bulle et ne prête absolument aucune attention à ce qui se passe autour de moi. Je suis aveugle, sourde et muette. Et je me dis que, tant que je n'aurai pas trouvé la recette pour guérir, je devrai affronter la vie seule.

J'espère sincèrement avoir tort...
Et les amours?

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Rédigé par Anna

Publié le 19 Novembre 2016

"Tu n'as pas la rage?!"

Il y a quelques jours, je croise une copine que je n'avais pas vue depuis longtemps. Après les sempiternels "Tu as l'air d'aller mieux!" et " Non, malheureusement, je ne vais pas mieux", nous nous asseyons quelques instants et je lui décris en quoi je ne vais, effectivement, pas mieux.

Après m'avoir écouté attentivement pendant de longues minutes lui décrire mon quotidien, elle s'exclame brusquement: "Mais, tu n'as pas la rage!?".

Je comprends très bien ce à quoi elle fait allusion. Ce serait normal d'avoir la rage, non? La rage d'être bloquée chez moi alors que je voudrais vivre. La rage de perdre des années précieuses de ma vie. La rage de ne pas pouvoir travailler, voyager, sortir. La rage de ne pas avoir de guérison en vue.

Non, je n'ai pas la rage. Je connais de temps à autre des moments de frustration intense, mais cela reste sporadique. Je me sens souvent stressée, mais ce n'est pas la maladie qui me met dans cet état, c'est la situation dans laquelle je me trouve (je n'ai pas de domicile fixe et de très maigres allocations maladie). Bien sûr, c'est lié: si je n'étais pas malade, je pourrais travailler et subvenir à mes besoins. Mais ce n'est pas à cause de la maladie, c'est à cause du système social, qui exclut les malades de la société et leur donne juste de quoi survivre.

Voilà plusieurs mois que je suis plus sereine vis-à-vis de ce syndrome. Avoir la rage ne servirait à rien, si ce n'est à empirer les choses: en pompant les dernières brides d'énergie qui me restent! Bien sûr, j'aimerais qu'il s'en aille. Mais, pour le moment, nous devons cohabiter, dans mon corps, dans mes muscles, dans ma tête. Autant que cela se fasse le plus paisiblement possible. 

Un demi-sourire accroché au bout des lèvres, en la regardant droit dans les yeux, je lui réponds doucement: "Non. Je n'ai pas la rage. J'ai accepté."

Et, ça, c'est déjà une petite victoire. 

"Tu n'as pas la rage?!"

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Rédigé par Anna

Publié le 13 Novembre 2016

A l'heure où j'écris cet article, je suis triste. Je me sens tellement incomprise par mon entourage. En fait, je n'ai pas l'impression d'avoir un "entourage". Peu de gens m'entourent. Ma mère est présente, quand je l'appelle au secours. Ma marraine également. Parmi mes copines, 4 comprennent mieux que les autres. Du moins, elles ont plus d'empathie.

 

Les copines pleines d'empathie

Elles ne me jugent pas. Elles ne croient pas que j'exagère. Elles savent à quel point ma vie d'avant (la vie tout court) me manque. Quand elles me demandent comment je vais, elles veulent vraiment savoir. Je n'ai jamais l'impression de les ennuyer avec ma maladie. Elles me posent des questions sur celle-ci. 

Mais, je les vois peu. L'une d'entre elles habite très loin, je la vois une fois par an. Les autres sont plus proches, mais ont des vies bien remplies. Une est jeune maman et peut donc difficilement se déplacer, les 2 autres croulent sous le travail. Je les fois quelques fois par an. Et alors, j'en profite. Je recharge un peu mes batteries. Elles m'ont surprise par leur attitude si pleine de bienveillance à mon égard. Je ne pensais pas que je comptais autant pour elles. Cela me met du baume au coeur!  

Ce n'est pas à cause de ces copines-là que je suis triste. C'est à cause de mes "vieilles" copines, celles sur qui je pensais pouvoir compter.

Les copines qui sont là, mais pas tout à fait

Sans s'en rendre compte, elles me font souvent du mal. . Je suis partagée... Les voir me fait parfois tellement de bien, je ris, j'oublie mes problèmes, je suis détendue. Elles ont compris que je devais beaucoup me reposer, qu'il y a toujours bien un moment où je dois aller me coucher quand on se voit car je n'en peux plus. Pourtant, j'ai la nette impression qu'aucune ne mesure l'ampleur de mes symptômes ni à quel point ils me handicapent dans la vie quotidienne. . Il m'arrive de lire dans leurs yeux la suspicion: "Tu n'es pas vraiment malade" "C'est pas que tu ne peux pas, c'est que tu ne veux pas". Et ça fait mal!  Elles ne me proposent pas de m'aider. Et, quand je demande de l'aide, une fois sur deux, elles me la refusent. Je comprends qu'elles aient leur vie et ne peuvent pas tout mettre en suspend parce que j'ai des problèmes. Mais, c'est quand elles me refusent de l'aide que je réalise à quel point elles ne me comprennent pas. Je n'aime pas demander de l'aide. Si je le fais, c'est que je suis vraiment à bout et que je n'ai pas d'autre solution. Je lis dans leur refus ce qu'elles pensent vraiment: "Tu exagères, débrouille-toi un peu, ça ne m'arrange pas de faire ça pour toi, tu as le temps."

 

Il y a aussi les copines qui ont disparu, mais, ça, c'est une autre histoire dont je parlerai une prochaine fois ;) 

 

La maladie révèle la vraie nature des gens - la mienne, comme la leur. Je me rends bien compte que je ne suis pas la plus douce des malades, surtout lors des mauvais jours où les douleurs me replient sur moi-même et me coupent de toute interaction. Je me demande ce que j'aurais fait dans leur situation. J'espère que j'aurais appartenu à la première catégorie. 

Il y a des vérités qu'on préférerait ne pas savoir...

Je me doute de ce que vous pensez: rapproche-toi des copines empathiques. Je m'y attelle! C'est tout de même difficile de se rendre compte que celles que je pensais être les plus compréhensives sont en fait celles qui me font du mal. Peut-être est-ce aussi dû au fait que j'en attendais plus d'elles, à cause de notre longue amitié... Alors, je me sens coupable. Coupable de me sentir triste et déçue, alors que je devrais être reconnaissante qu'elles soient encore là.

 

Vos expériences à ce sujet m'intéressent!

 

Il y a copines et copines

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Rédigé par Anna

Publié le 9 Novembre 2016

Comme vous avez pu le lire il y a quelques jours, j'ai dû mal à trouver des moments positifs de façon quotidienne. Le début de cette semaine ne fut pas fameux. J'ai dû annuler 3 rendez-vous (un goûter chez une copine et à son bébé d'un mois; une visite au musée et un thé chez une amie). Heureusement, les jours qui suivirent furent un peu plus ensoleillés.

Lundi 31/10 - Sérénité - Bloquée au lit, mais pour une "bonne" raison. La veille, j'ai pu aller au théâtre avec une copine et enchaîner en prenant un verre avec elle dans un chouette café!

Mardi 1/11 - Ne pouvant me rendre chez une amie, je déguste le dessert aux pommes que j'avais prévu d'amener. 

Mercredi 2/11 - Regarder par la fenêtre depuis mon lit et admirer le ciel bleu

Jeudi 3/11 - Après ma séance hebdomadaire de psychothérapie, je ressors quelque peu reboostée. Je me rends chez l'amie chez qui je n'avais pas pu me rendre la veille car je me sentais trop mal. Sa mère souffrant de fibromyalgie, cette amie est sensible à mon état et à mes difficultés. Je savoure la conversation, un câlin de son fils de 2 ans et un bon café. 

Vendredi 4/11 - Séance de gymnastique douce à domicile. 

Samedi 5/11 - Après-midi chez ma marraine - Première raclette de l'hiver et visionnage d'Harry Potter I avec une bonne tasse de thé chaud, emmitouflée dans une couverture. 

Dimanche 6/11 - Séance cocooning, thé chaud et biscuits "Generous" (sans gluten), nouvelle marque que je viens de découvrir, lecture de magazines, au son de la pluie qui tombe doucement sur les vitres.

 

Et vous, des moments positifs cette semaine? :)

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Rédigé par Anna

Publié le 5 Novembre 2016

Un tupperware de soupe

Les températures ont bien chuté depuis quelques semaines. A deux reprises déjà, ma mère m'a apporté de la soupe. Ma marraine également. Un simple geste qui me fait tellement de bien: une bonne dose de légumes, des vitamines, de la chaleur... Parfait pour affronter l'hiver! Et ça me change des plats préparés qui me servent de repas, car je suis incapable de cuisiner quoi que ce soit 2 jours sur 3. Merci M. et P.!

Un coup de fil

Ma marraine m'a invité à déguster la première raclette de la saison. Nous n'avions pas convenu d'heure, mais je pensais arriver chez elle vers 13h. Vers 12h30, toujours bloquée dans mon lit, comme écrasée par une lourde chape, j'ai reçu un appel. Elle venait aux nouvelles. Elle a bien entendu à ma voix qu'aujourd'hui était un jour "off" et m'a tout de suite demandé si j'allais bien et si je n'étais pas encore partie à cause de la fatigue. Après avoir raccroché, j'ai eu une petite poussée d'énergie et j'ai réussi à sortir de ma léthargie pour m'habiller et me coiffer. Entendre sa voix, pleine de bienveillance et de compréhension, m'a certainement portée! Merci P.!

Un message WhatsApp

Il y a quelques jours, je prenais des nouvelles de R., une copine prof et mère de famille, en lui demandant comment elle allait et comment se passaient ses vacances. Elle me répondit: "Bien. Et toi? Enfin, pas les vacances, hein! :o " J'ai d'abord cru que je m'étais trompée et qu'on était en période scolaire. En fait, non. Puisqu'elle rajouta "Pour toi, c'est un peu différent :( ". 

Sa réaction m'a fait tellement plaisir. En effet, pour moi, c'est différent. Je ne suis pas en vacances. Depuis un an, chaque jour est une lutte contre la maladie. Mon entourage ne s'en rend pas toujours compte. Mais, elle, si! Elle s'est mise à ma place, elle a fait preuve d'empathie et n'a pas assumé que "congé maladie" = "vacances pendant lesquelles je me la coule douce aux frais du contribuable". Merci R. !

Un cappuccino

La semaine passée, j'ai remporté des places pour aller voir une pièce de théâtre. J'ai invité une copine à venir avec moi. Après la représentation, j'ai eu la force d'aller boire un café avec elle. Et même deux! C. a payé l'addition. A nouveau, c'est un "petit" geste, mais tellement plein de sympathie et de gentillesse. 5 euros pour une personne qui travaille à temps plein ou pour une personne en arrêt maladie et qui a des soins de santé importants, ce n'est pas du tout la même chose. J'ai donc beaucoup apprécié son attention, qui m'a permis de profiter de l'instant à 100%, sans culpabiliser de dépenser, alors qu'une très grosse facture médicale se profile dans les semaines qui viennent. Merci C. !

Ces petits gestes qui font du bien

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Rédigé par Anna

Publié le 1 Novembre 2016

Voilà plus de trois semaines que je n'ai pas posté d'article "Positivons". J'ai essayé, mais je n'y arrive pas.

J'ai bien noté quelques moments heureux: une après-midi chez ma marraine, la visite d'une copine pour le goûter, des compliments reçus au travail, une demi-journée passée à la mer... Certains jours il m'est totalement impossible de penser à un moment positif - généralement les jours que je passe seule bloquée dans mon lit ou pendant lesquels je ne sors que pour aller voir un médecin. Certains jours, j'ai des moments, qui devraient être positifs (déguster un bon dessert, visionner une chouette série, passer une heure de travail constructive et agréable...) mais qui ont perdu de leur saveur et sont entrés dans la routine. J'ai toujours eu horreur de la routine. Quand je travaillais normalement, je changeais de boulot tous les ans (si pas plus souvent), je déménageais sans cesse, j'étais tout le temps sur la route. Dès que la routine s'installait, je faisais ma valise et je changeais de vie.

Aujourd'hui, je ne peux pas me voiler la face: depuis 3 semaines, ça ne va pas.

Je suis anxieuse. J'ai peur. Je suis terrifiée

Voilà plusieurs mois que je me suis faite à l'idée que je serai peut-être malade pendant encore des années, qu'il va falloir que je trouve une façon de vivre adaptée à ma situation médicale. Le deuil de ma vie d'avant n'a pas été facile, mais je pense l'avoir fait (du moins, en grande partie).

Ce qui me fait peur aujourd'hui, c'est de devoir affronter la maladie dans la précarité. J'ai toujours cru en l'adage "Travailler plus pour gagner plus". J'aime mon travail, je ne comptais pas les heures. Travailler le soir et le weekend ne me faisait pas peur. J'ai fait des études me permettant d'être rapidement sur le marché du travail. Je voulais être indépendante, active. Travailler pour m'acheter un appartement et mettre un toit sur ma tête, pour me mettre à l'abri. Maintenant que je suis incapable de subvenir seule à mes besoins (je travaille 2h par semaine), je dépends des indemnités maladie. Mes revenus ont diminué de moitié. Mes frais médicaux ont explosé.

Et je m'inquiète: "Et si je ne guéris pas? Et si je ne peux pas reprendre le travail avant 2,3, 10 ans... Que vais-je faire? Comment vais-je faire?"

J'essaie de me rassurer: "je vais m'en sortir". Je m'auto-motive:  "je vais trouver une solution". J'y perdrai sûrement des plumes, mais je ne peux pas me laisser couler. Derrière les nuages se cache le soleil. Au fond de moi, je sais que je vais rebondir. Ce qui m'effraie c'est de ne savoir ni quand ni comment.... pour le moment. 

Positivons?

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Rédigé par Anna

Publié dans #SFC

Publié le 29 Octobre 2016

4ème séance

Je suis arrivée très démotivée à la séance 4. J'avais clairement ressenti un effet après la 1ère séance. J'ai eu 2 bons jours après la 2ème (mais je ne suis pas certaine que cela soit vraiment dû à la séance). Je n'ai absolument rien ressenti après la 3ème. 

J'ai tout de suite fait part de mon blocage au Docteur A., qui l'a bien compris. Il est certain de pouvoir me soulager dans une certaine mesure, mais l'énergie est, d'après lui, vraiment bien enfuie (surtout du coté droit). Je le ressens quand il enfonce les aiguilles dans ma peau. Le coté gauche est beaucoup plus sensible, alors qu'à droite j'ai l'impression que Dr A doit beaucoup "triturer" pour trouver un point qui réagisse.

Il m'a fallu 5 longues minutes avant d'accepter de m'allonger pour commencer la séance. J'ai peur que cela ne serve à rien. J'ai aussi peur que les séances s'éternisent et de devoir débourser un sacré budget.Dr A est un médecin conventionné donc les séances sont en partie remboursée, heureusement. 

Dr A a choisi de stimuler d'autres points énergétiques. Il m'a planté des aiguilles dans les mollets, les cuisses, les épaules. Une dernière trônait en plein milieu de mon front. J'ai eu un peu de mal à me détendre mais j'y suis finalement arrivée.

5ème séance

Arrivée stressée au cabinet, je me suis un peu détendue dans la salle d'attente. Un autre patient attendait Dr A. Un homme d'une petite cinquantaine d'année. Il était paisible. Il venait pour faire remplir des papiers. Quand je me suis assise, il m'a souri. Doucement. Cela n'a duré qu'une seconde. Mais pendant une seconde je me suis sentie vivante. Je lui ai rendu son sourire.

La maladie m'isole, je suis bloquée dans un monde de solitude. Je me sens complètement en marge de la société. Je ne travaille plus, je ne voyage plus, je ne sors plus, je ne danse plus... Je ne vis plus. Cet homme ne s'en est surement pas rendu compte, mais son geste m'a fait tellement de bien. Pendant une seconde, je n'étais plus invisible.

Voilà trois jours que j'étais venue pour la séance 4. J'avais remarqué un changement: j'ai moins de difficulté à m'endormir. Depuis plusieurs mois, je suis complètement décalée: impossible de m'endormir avant 1:00 du matin. Les réveils matinaux sont un véritable calvaire. Je ne sors de mon état ensommeillé que vers 11h-12h. Or, désormais, j'arrive à éteindre à lumière vers 23h. Mon rythme devient plus normal. 

Cette évolution positive a encouragé Dr A. Il a placé les 7 aiguilles comme la fois passée et m'a laissé me détendre. 

A suivre...
Acupuncture - Round 2

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Rédigé par Anna

Publié dans #SFC

Publié le 18 Octobre 2016

Un des médecins que je vois de temps en temps est formé en acupuncture. Appelons-le Docteur A. Il m'avait déjà suggéré de faire quelques séances pour soulager mes douleurs, mais comme son cabinet est loin de chez moi et que mes douleurs ne sont pas insupportables, j'avais décliné sa proposition.

Il y a quelques semaines, devant mon état d'épuisement constant et le fait que je n'ai pas eu de bons jours depuis près de 2 mois, il m'a reproposé d'essayer, en se focalisant sur la fatigue. J'ai accepté. Nous avons convenu de faire 3 séances courtes mais rapprochées. 

 

1ère séance - J1

Comme je n'avais jamais fait d'acupuncture, Dr A ne m'a planté dans le corps que 6 aiguilles afin de ne pas trop me chambouler. J'ai été un peu surprise qu'il y en ait si peu. Je ne m'attendais pas à me retrouver piquée de tous côtés, mais je pensais avoir quelques aiguilles en équilibre sur le visage. Au final, j'en avais 2 aux pieds (contre la fatigue), 2 dans à l'intérieur des genoux (pour l'équilibre) et deux entre le pouce et le majeur (contre la douleur). J'ai passé une vingtaine de minutes à me détendre, au son de musique relaxante, et réchauffée par une couverture.

A part le placement des aiguilles, cela ne fait pas mal. Une fois l'aiguille plantée dans la peau, le médecin chipote un peu jusqu'à ce que je m'exclame "Aïe!" ( C'est qu'elle est placée au bon endroit!) puis... plus rien!

Sur le chemin du retour, j'ai eu un gros coup de pompe. Je ne me suis pas inquiétée: le médecin m'avait prévenue que cela arrivait très souvent après la première fois. Le lendemain fut aussi une journée très difficile, j'ai passé la journée au lit complètement éreintée. 

2ème séance - J+3

Ma première séance m'ayant épuisée, Dr A a préféré ne pas ajouter d'aiguilles et a placé les 6 aux mêmes endroits que 3 jours avant. Je suis sortie apaisée de la séance, qui est peut-être une séance d'acupuncture pour mes flux énergétiques, mais pour moi c'est surtout une séance de relaxation. 

Résultats : aucun coup de pompe après la séance, marche de plus d'une heure le lendemain suivie d'un goûter au café avec mon père. Un petit coup de mou de temps à autre pendant 10-15 minutes, puis je repartais! Le surlendemain, je ne peux pas sortir de chez moi, mais je me sens quand même bien. Serait-ce en bonne voie? Je suis super enthousiaste et je me vois déjà sur le chemin de la guérison... Une petite voix me dit de ne pas me faire de faux espoir, ce qui m'arrive souvent quand j'ai face à moi un praticien professionnel et que j'ai une série de bons jours qui se suivent. Et pourtant.... je n'ai pas envie d'écouter cette petite voix: et si, cette fois, j'avais trouvé une méthode qui me soulageait vraiment?

 

3ème séance - J+7

J'ai très mal dormi cette nuit. Je me suis faite attaquée par un moustique (en plein mois d'octobre, cherchez l'erreur). Je suis donc arrivée chez le médecin complètement vidée. 

La séance s'est passée comme les précédentes: 6 aiguilles (douleur - équilibre - fatigue ) plantées dans le corps pendant une vingtaine de minutes, au son de musique relaxante, allongée dans une chaise bien confortable. 

Docteur A était plutôt encouragé par les retombées de la 2ème séance. Il m'a affirmé que je devrais me sentir mieux dans les 12 heures qui suivent la séance. A l'heure où j'écris, cela fait 6 heures que j'ai quitté son cabinet et je suis toujours aussi cassée... J'ai peur de m'être fait de faux espoirs: le fait que je me sois bien sentie ce weekend était peut-être une coïncidence et non lié à acupuncture. 

J'ai à nouveau RDV lundi - Chapitre à suivre! 

Et vous, avez-vous déjà essayé cette méthode? Y avez-vous trouvé un quelconque bienfait? 

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Rédigé par Anna

Publié dans #SFC, #Je Teste